Découvrir un bassin à l’aspect marécageux au réveil est le cauchemar de tout propriétaire. Pourtant, une eau qui vire au vert n’est pas une fatalité nécessitant une vidange complète, coûteuse et peu écologique. Ce phénomène, causé par la prolifération rapide des algues, signale souvent une rupture de l’équilibre chimique ou une défaillance de filtration. Avec une méthode structurée, il est possible de retrouver une limpidité parfaite en moins de 48 heures.
Comprendre pourquoi votre bassin a viré au vert
Avant de verser des produits chimiques, identifiez la source du problème. Les algues profitent de brèches dans votre système de protection sanitaire pour s’installer.

Le triangle de la prolifération
Trois facteurs favorisent l’apparition des algues : la chaleur, la lumière et la présence de phosphates ou d’azote. Lorsque la température de l’eau dépasse 25°C, le métabolisme des micro-organismes s’accélère. Si le taux de désinfectant est insuffisant, les spores apportées par le vent ou les baigneurs se multiplient de manière exponentielle.
Les défaillances invisibles : pH et filtration
Un pH mal ajusté est la cause principale de l’inefficacité des traitements. Si votre pH dépasse 7,6, le chlore perd jusqu’à 80 % de son pouvoir algicide. De plus, une filtration encrassée ou un temps de fonctionnement trop court, inférieur à la moitié de la température de l’eau, crée des zones de stagnation. Plus l’eau stagne, plus elle chauffe, et plus les algues colonisent le bassin.
La phase de préparation : nettoyage mécanique et équilibrage
Le traitement chimique ne suffit pas. Pour qu’il soit efficace, vous devez préparer le terrain en éliminant physiquement la pollution.
La lutte contre les algues est un engrenage où chaque action mécanique décuple l’effet de la chimie. Les parois de votre piscine sont souvent recouvertes d’un biofilm protecteur, un bouclier microscopique qui rend les algues imperméables au chlore. En brossant énergiquement chaque recoin, vous brisez cette protection et exposez directement les cellules végétales au traitement. Sans cette rupture physique, vous pourriez doubler les doses de désinfectant sans atteindre le cœur du problème.
Brossage et retrait des débris
Utilisez une épuisette de fond pour retirer les feuilles et les insectes morts qui consomment inutilement du désinfectant. Ensuite, brossez vigoureusement les parois et le fond, en insistant sur les zones d’ombre comme derrière l’échelle ou autour des projecteurs. Évitez d’utiliser votre robot automatique s’il risque de rejeter les algues fines dans l’eau ou d’encrasser son filtre inutilement.
L’ajustement du pH et du TAC
Utilisez des bandelettes ou un testeur digital pour analyser vos paramètres. Le pH doit impérativement se situer entre 7,0 et 7,4 avant toute autre action. Si votre eau est instable, vérifiez le TAC. Un TAC idéal entre 80 et 120 mg/L garantit la stabilité du pH. Sans cet équilibre, votre traitement choc sera un gaspillage de ressources.
Le traitement de choc : choisir la bonne méthode
Une fois le bassin brossé et le pH stabilisé, passez à l’offensive chimique pour éradiquer les algues restantes.
Le chlore choc en granulés est la solution la plus courante. Puissant et économique, il augmente brutalement le taux de chlore libre pour oxyder les matières organiques. Utilisez du chlore non-stabilisé si votre taux de stabilisant est déjà élevé. Versez le produit dans le skimmer ou diluez-le dans un seau d’eau tiède avant de le répandre dans le bassin, filtration en marche.
Le peroxyde d’hydrogène, ou oxygène actif liquide, est une alternative redoutable pour rattraper une eau très verte. Il libère une grande quantité d’oxygène qui brûle les algues. Son avantage est qu’il ne laisse aucun résidu nocif, mais il est incompatible avec certains filtres à cartouche et rend les tests de chlore illisibles pendant plusieurs jours.
Le bicarbonate de soude, bien qu’écologique et économique, agit plus lentement et ne remplace pas un désinfectant. Il aide principalement à stabiliser le pH et à clarifier l’eau sur le long terme.
Filtration et finition : clarifier l’eau trouble
Après le traitement choc, les algues meurent et restent en suspension, donnant à l’eau un aspect laiteux. C’est l’étape où la filtration prend le relais.
Filtration en continu
Laissez votre pompe tourner sans interruption jusqu’à ce que l’eau soit limpide. Surveillez la pression du filtre, car les algues mortes l’encrassent rapidement. Effectuez des contre-lavages ou nettoyez vos cartouches plusieurs fois par jour si nécessaire.
L’usage des floculants
Si l’eau reste trouble après 24 heures de filtration, utilisez un floculant pour les filtres à sable ou un clarifiant pour les filtres à cartouche. Ces produits agglomèrent les micro-particules pour qu’elles soient retenues par le média filtrant. Si des dépôts tombent au fond, aspirez-les directement vers l’égout sans passer par le filtre pour éviter de le colmater instantanément.
Prévenir le retour du vert : les réflexes de saison
La régularité prévaut sur l’intensité. Un contrôle hebdomadaire des paramètres prend moins de cinq minutes et évite des heures de nettoyage.
Surveillez le taux de stabilisant. Un excès, souvent dû aux galets de chlore classiques, bloque l’action du désinfectant. Si le taux dépasse 70 mg/L, une vidange partielle est nécessaire. Adaptez également la filtration à la météo : en cas d’orage ou de forte chaleur, augmentez le temps de filtration et vérifiez le taux de chlore immédiatement.
Nettoyez régulièrement vos accessoires. Les épuisettes, jouets gonflables et maillots de bain transportent des spores d’algues provenant d’autres milieux. Rincez-les à l’eau claire. Enfin, l’utilisation d’un algicide préventif en complément du désinfectant habituel maintient une barrière de protection durant les périodes critiques de l’été.
En suivant ces étapes, vous transformerez un bassin vert en une piscine étincelante. La clé réside dans la patience : laissez le temps à la chimie d’agir et à la filtration de faire son œuvre pour retrouver un équilibre durable.