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Classes E, F ou G à la vente : ce que change l’audit énergétique 2025

Éloïse Callens-Morelette 8 min de lecture
Audit énergétique 2025 : classes E, F, G à la vente, rapport DPE

En 2025, l’audit énergétique pèse davantage dans la vente des logements mal classés au DPE. Pour les biens classés E, la règle s’ajoute à celles déjà en vigueur pour les F et les G. Le vendeur doit donc préparer ce document en amont, pour éviter un retard chez le notaire et permettre à l’acheteur d’évaluer les travaux dès le départ.

Ce que change l’audit énergétique en 2025

L’audit énergétique réglementaire complète le DPE. Le DPE attribue une classe de A à G selon la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. L’audit va plus loin, car il décrit le bâtiment, repère les déperditions et propose un parcours de travaux pour améliorer la performance énergétique et environnementale du logement.

Comprendre l’audit énergétique 2025

Le point de bascule est le 1er janvier 2025. À partir de cette date, l’obligation d’audit s’applique aussi aux logements classés E, en plus des biens classés F ou G déjà concernés depuis le 1er avril 2023. Une nouvelle étape est prévue au 1er janvier 2034 pour les logements classés D.

Classe DPE du logement Date d’obligation de l’audit en cas de vente
F ou G Depuis le 1er avril 2023
E À partir du 1er janvier 2025
D À partir du 1er janvier 2034

Dans la pratique, l’audit doit être remis à l’acheteur dès que possible, idéalement avant la première visite, puis annexé à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte de vente. Il ne sert pas seulement à compléter un dossier. Il aide à cadrer la négociation, à estimer le budget travaux et à rendre la décision d’achat plus lisible.

Quels logements sont concernés, et lesquels peuvent échapper à l’obligation ?

Les biens visés par l’obligation

L’audit énergétique obligatoire concerne surtout les maisons individuelles et les immeubles en monopropriété comprenant plusieurs logements, lorsque leur DPE affiche une classe E, F ou G selon le calendrier applicable. Le déclencheur reste la vente. Un propriétaire qui conserve son logement ne tombe pas dans ce cadre précis.

Audit énergétique 2025 : calendrier des obligations selon la classe DPE et la vente d’un logement
Audit énergétique 2025 : calendrier des obligations selon la classe DPE et la vente d’un logement

Avant de mettre le bien sur le marché, le vendeur doit vérifier trois points simples : la classe DPE, la nature du bien et la date prévue pour la signature. Un logement classé E vendu après le 1er janvier 2025 entre dans le champ de l’audit. En revanche, un appartement en copropriété classique ne répond pas forcément à la même logique réglementaire.

Les cas particuliers à examiner tôt

Certains bâtiments présentent des contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales. L’audit doit alors tenir compte de la réalité du bien : façade protégée, éléments relevant du Code du patrimoine, impossibilité d’isoler par l’extérieur, configuration qui bloque certains travaux, ou coût trop élevé au regard de la valeur du bien.

La réglementation admet que certaines propositions soient adaptées lorsqu’il existe un obstacle technique ou un coût disproportionné. Le cas cité est celui de travaux qui représenteraient plus de 50 % de la valeur du bien. Cela ne supprime pas l’audit quand il est obligatoire, mais cela évite de présenter des scénarios irréalistes ou incompatibles avec le bâtiment.

Ce que doit contenir un audit énergétique utile

Une analyse du logement avant travaux

Un audit sérieux commence par une visite obligatoire du bâtiment. L’auditeur ne peut pas se limiter à une lecture à distance du DPE. Il doit observer l’enveloppe, les équipements, la ventilation, les menuiseries et les points faibles visibles. L’analyse porte sur les 6 postes de travaux suivants : murs, planchers bas, toiture, menuiseries extérieures, ventilation, chauffage et eau chaude sanitaire.

Audit énergétique 2025 : les 6 postes techniques et les scénarios de travaux d’un audit
Audit énergétique 2025 : les 6 postes techniques et les scénarios de travaux d’un audit

Le rapport décrit la performance avant travaux, les déperditions thermiques, les ponts thermiques, l’étanchéité à l’air et le confort hygrothermique. Il intègre aussi les consommations en kWhEP/m²/an, en kWhEF/m²/an et les émissions en kgCO2eq/m²SHAB/an. Ces repères techniques rendent le diagnostic plus concret pour un acheteur qui ne lit pas un bâtiment tous les jours.

Deux propositions de travaux minimum

L’audit doit proposer au moins 2 propositions de travaux minimum. La première peut viser un parcours en une seule étape si le bâtiment le permet. La seconde peut organiser une rénovation par étapes, ce qui parle davantage à un acheteur qui souhaite lisser les dépenses dans le temps. Dans les deux cas, l’objectif reste le même : aller vers une rénovation plus performante et améliorer la classe énergétique.

Le rapport doit aussi indiquer la performance après travaux, le coût estimatif, les aides mobilisables et l’ordre logique des interventions. Par exemple, remplacer un chauffage avant d’avoir traité l’isolation peut conduire à choisir un équipement trop puissant. À l’inverse, travailler d’abord sur l’enveloppe du bâtiment permet souvent de dimensionner le chauffage plus justement.

Lire l’audit comme une suite de décisions aide à éviter les erreurs. L’isolation, la ventilation et le chauffage se répondent. Un logement mal ventilé peut rester inconfortable même après travaux d’isolation. Un système de chauffage choisi trop tôt peut aussi perdre en pertinence. Le rapport sert justement à ordonner ces choix, pas à les empiler sans logique.

Ventilation, aides et documents remis

La ventilation compte beaucoup, car un logement mieux isolé mais mal ventilé perd vite en qualité d’air. L’audit doit donc mentionner les conditions d’aération ou de ventilation avant travaux et prévoir un renouvellement d’air suffisant mais maîtrisé après travaux.

Le livrable prend généralement la forme d’un rapport de synthèse PDF et d’un récapitulatif standardisé XML. Le rapport doit être transmis dans un délai d’1 mois après la visite. Sa durée de validité est de 5 ans, à distinguer du DPE, dont la validité est généralement de 10 ans.

Qui peut réaliser l’audit et combien faut-il prévoir ?

Des professionnels qualifiés, pas un simple prestataire travaux

L’audit énergétique réglementaire doit être réalisé par un professionnel qualifié et indépendant, selon le type de bâtiment concerné. Il peut s’agir d’un diagnostiqueur certifié pour l’audit énergétique, d’un bureau d’études, d’un architecte ou d’un professionnel disposant d’une qualification reconnue, par exemple OPQIBI 1911, QUALIBAT 8731, OPQIBI 1905, AFNOR 01A ou LNE Audit énergétique, lorsque ces qualifications couvrent bien la mission demandée.

Avant de signer, mieux vaut vérifier la certification, l’assurance professionnelle, le délai de visite et le délai de remise du rapport. L’annuaire des diagnostiqueurs certifiés aide à trouver un interlocuteur habilité. Pour un projet de rénovation plus large, un conseiller France Rénov’ peut aussi orienter gratuitement le propriétaire ou l’acheteur.

Un prix variable selon le bien et la complexité

Le coût d’un audit dépend de la surface, de la configuration du logement, de la disponibilité des documents et de la complexité technique du bâtiment. Une maison simple à analyser ne demande pas le même temps qu’un immeuble en monopropriété avec plusieurs logements, plusieurs systèmes de chauffage ou des contraintes patrimoniales.

Il est utile de demander plusieurs devis et de comparer plus que le prix. La durée de la visite, la clarté du rapport, l’expérience sur des biens similaires, la capacité à expliquer les scénarios et le délai de remise comptent aussi. Un audit peu cher mais flou laisse souvent l’acheteur sans base solide pour estimer les travaux.

Comment utiliser l’audit pour vendre, acheter ou rénover plus sereinement

Pour le vendeur, l’audit énergétique permet d’anticiper les objections. Un acquéreur qui découvre une classe E, F ou G peut craindre une rénovation coûteuse. Avec un rapport clair, il voit un parcours chiffré, des priorités de travaux et une estimation des aides mobilisables, dont MaPrimeRénov’ lorsque le projet y est éligible.

Pour l’acheteur, l’audit sert de grille de lecture. Il permet de distinguer les travaux urgents des améliorations secondaires, d’évaluer si une rénovation par étapes reste réaliste et de mesurer l’impact sur le confort thermique, les factures d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre. Il peut aussi nourrir la négociation, à condition de rester factuel et de s’appuyer sur les scénarios du rapport.

Avant la visite de l’auditeur, le propriétaire gagne du temps en préparant les documents disponibles : DPE, factures d’énergie, plans, descriptifs des travaux déjà réalisés, notices des équipements de chauffage ou d’eau chaude sanitaire, informations sur l’isolation et la ventilation. Plus le dossier est complet, plus l’analyse a des chances d’être précise.

Avant la mise en vente, il faut vérifier la classe DPE et commander l’audit si le bien est concerné. Avant les visites, le rapport doit être prêt pour informer les candidats acquéreurs. Avant la promesse de vente, il doit être transmis pour être annexé au dossier. Après l’achat, les scénarios servent à hiérarchiser les devis et à contacter les organismes d’aide.

L’audit énergétique 2025 ne doit donc pas être vu comme une formalité de plus. C’est un outil de décision qui sécurise la vente, clarifie les travaux et donne une trajectoire à un logement dont la performance énergétique compte de plus en plus dans la valeur immobilière.

Éloïse Callens-Morelette
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